Filières nucléaires autour du monde : un rayon de 100 kilomètres autour des centrales

État du parc nucléaire mondial en 2026

Au 20 janvier 2025, le monde compte 417 réacteurs nucléaires opérationnels répartis dans 31 pays selon l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA). Ces installations génèrent environ 9% de l’électricité mondiale, faisant du nucléaire la deuxième source d’électricité bas carbone après l’hydroélectricité.

La puissance installée totale s’élève à 377 046 MW, avec 62 réacteurs supplémentaires en construction représentant 64 461 MW de capacités cumulées. Près de la moitié des réacteurs mondiaux se concentrent dans trois pays : les États-Unis (94 réacteurs), la France (57 réacteurs) et la Chine (56 réacteurs avec 28 autres en construction).

Les principaux pays producteurs

Cinq nations dominent le secteur nucléaire mondial et concentrent 71% de la capacité de production totale. Les États-Unis se positionnent en tête avec 94 réacteurs produisant environ 97 gigawatts de puissance nette, soit 19% de leur électricité nationale et près de 30% de la production nucléaire mondiale.

La France occupe la deuxième position avec 57 réacteurs et une capacité de 63 gigawatts, représentant environ 65% de sa production électrique nationale. Le pays reste le plus nucléarisé au monde en proportion de son mix énergétique.

La Chine, troisième puissance nucléaire, exploite 57 réacteurs d’une capacité de 55 gigawatts, produisant 433 GWh en 2023. Son programme connaît la croissance la plus rapide au monde, avec 39 réacteurs connectés au réseau depuis 2011.

La Russie dispose de 36 réacteurs produisant 27 GW, avec quatre autres en construction. Le pays reste le premier fournisseur mondial de technologies nucléaires. La Corée du Sud complète ce palmarès avec 26 réacteurs et deux en construction, couvrant environ 30% de ses besoins électriques.

Répartition géographique

La concentration des installations nucléaires révèle de fortes disparités continentales. En 2022, l’Europe produisait 971,38 TWh d’électricité nucléaire (environ 20,5% de son mix électrique), suivie par l’Amérique du Nord avec 869,03 TWh (16% du mix régional) et l’Asie avec 767,14 TWh (4,7% du mix régional).

L’Afrique ne compte qu’une seule centrale en Afrique du Sud produisant 10,1 TWh, tandis que l’Amérique du Sud dispose de trois centrales seulement, deux en Argentine et une au Brésil, générant environ 22 TWh. L’Océanie demeure le seul continent sans réacteur nucléaire électrogène.

La zone des 100 kilomètres : enjeux et population exposée

La notion de rayon de 100 kilomètres autour des centrales nucléaires prend tout son sens au regard des catastrophes passées. L’impact radiologique de Fukushima s’est étendu sur plus de 100 kilomètres, tandis que celui de Tchernobyl a dépassé 300 kilomètres.

En France, 66% de la population vit à moins de 75 kilomètres d’un réacteur nucléaire. Les centrales de Nogent-sur-Seine, du Bugey et de Saint-Alban sont celles qui concernent le plus de citoyens dans un rayon de 100 kilomètres, avec respectivement 10,2 millions, 5,78 millions et 5,3 millions de personnes potentiellement exposées.

Actuellement, les Plans Particuliers d’Intervention (PPI) français couvrent un rayon de 20 kilomètres autour des centrales, une zone jugée insuffisante par plusieurs organisations qui recommandent une extension à 80 kilomètres, avec une distribution préventive de comprimés d’iode jusqu’à 100 kilomètres.

Évolutions et perspectives

La part du nucléaire dans le mix électrique mondial montre une tendance à la baisse, passant d’un pic de 17,44% en 1996 à 9,11% en 2023. Cette diminution reflète les préoccupations croissantes en matière de sécurité suite à Fukushima, les coûts élevés de construction et l’essor des énergies renouvelables.

Néanmoins, plusieurs pays continuent d’investir dans cette technologie. L’Égypte construit la centrale d’El-Dabaa avec quatre réacteurs dont la mise en service est prévue en 2026. Les Émirats arabes unis ont achevé leur centrale de Barakah en septembre 2024, tandis que la Biélorussie a mis en service deux réacteurs VVER-1200 entre 2020 et 2023.

À l’inverse, certains pays ont choisi la sortie progressive du nucléaire. L’Allemagne a fermé ses derniers réacteurs en 2023, tandis que l’Espagne a confirmé son plan d’abandon pour 2035. D’autres nations comme la Suède et la Belgique reconsidèrent leurs positions face aux enjeux de sécurité énergétique et de décarbonation.

Pascal

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